Six illustrations au goût Peculiar Maelstrom 2.0 ?

Bonjour toi,

Début décembre, j’ai eu une idée dessin qui, par la suite, en a engendré plusieurs. J’ai donc été, dernièrement, dans une sorte d’agitation créative pas du tout déplaisante, mais en même temps, elle me fait légèrement faire la moue : j’ai l’impression de faire une version 2.0 de Peculiar Maelstrom.

L’occasion idéale de te présenter une fournée de dessin que les réseaux n’ont pas encore tous vus, et de refaire un point sur PM. Alors sans plus tarder, on commence !


Je ne t’ai pas dis, mais un de mes objectifs pour 2020 serait de faire une petite expo d’originaux dans une petite épicerie limougeaude dont l’arrière salle sert de salle d’expo. Si j’y arrive, sans soucis, tu auras un article partagé sur le site.
J’aimerais pouvoir nommer cette expo (toujours dans l’éventualité où elle verra le jour, mais je vais tout faire pour ) « (Auto)Portraits » pour diverses raisons. Déjà, tu t’en doutes sans doute, mais elle regroupera mes portraits réalistes de célébrités pour montrer une partie de mon travail. Dans l’éventail de ce que je réalise, la part portraitiste au graphite n’est pas des moindres, et comme je prends des commandes également pour ces réalisations, il est normal de montrer ce que je réalise. Ce qui est peut-être étonnant, du moins c’est ce que j’espère, c’est ce « Auto ». Parce que non, je ne me dessinerai pas, ou pas comme on le pense, du moins. C’est davantage par le biais de sujet qui me touchent que je m’engage, et comme ça ne t’a pas échappé, l’un majoritaire, c’est celui des maladies et troubles psy. Je me suis lancée dans ces dessins avec une silhouettes la plus neutre possible : sans cheveux, sans poitrine, sans distinction de sexe ce qui me tenait particulièrement à coeur pour le coup même si la plupart y verront un homme car « le torse est trop droit », « il est chauve », blablabla. Mais finalement, j’ai essayé de faire une sorte de version réaliste du bonhomme bâton, car l’importance n’est pas la figure, mais la scène. Ce que cette illustration raconte.
Aussi, ce titre d’exposition me fait sourire parce que c’est un clin d’oeil à un autre de mes projets, qui à vrai dire, a été le tout premier que j’ai débuté, celui de recueil de nouvelles. Et une de mes idées était peut-être d’en profiter pour joindre un ou deux textes, dont certains directement en lien avec les illustrations d’abord créées pour représenter le plus justement possible la pluridisciplinarité de mon travail : l’art et l’écrit. Il ne manque plus que la calligraphie, mais je peux peut-être trouvée une manière de l’inclure.

Photographie et non scan parce que l’encre rendait très mal, je ne sais pas ce que j’ai traficoté.

S A D I M ( S a d m e )

Le dessin fautif de cette série, c’est lui. Je comptais publier cet article seulement une fois que j’aurais écrit la nouvelle de Sadim, mais tant pis, ce sera pour un peu plus tard. Son secret, si tu as l’oeil aguerri (ne poussons pas non plus..) c’est qu’il est l’inverse de Midas. Ce dernier transforme les choses en or, mais Sadim putréfie, détruit au lieu d’embellir. La part d’auto-portrait, là-dedans, tiens simplement d’un jour où j’étais persuadée que tout ce que je touchais, je le détruisais. Un jour merveilleux, donc, de pleine confiance en soi pour penser ça. Mais au moins, il m’aura valu un dessin que j’aime beaucoup pour la douleur mais le soulagement de son expression.
Et là aussi m’est apparu un des thèmes qui m’obnubilent finalement : le morcellement du moi.

Idem que pour Sadim, petit soucis technique donc photographie.

N U M B N E S S

Est-ce qu’il y a besoin de rajouter quelque chose à ce sentiment de vide, ce gros trou dans la poitrine ? Ce qui m’interroge énormément, à l’heure actuelle, c’est la part de responsabilité qu’on peut avoir dans les maladies et troubles psy. Je n’exclue aucunement le fait qu’on tombe malade et qu’on en est victime, mais je me demande jusqu’à quel point. Est-ce qu’on y contribue, involontairement ou non ? J’aurais juste pu dessiner ce trou béant. Mais non, la main est active, la silhouette creuse. Se focaliser dessus, c’est alimenter la sensation de vide. Essayer de combler le trou, parfois, l’agrandit.

O V E R T H I N K I N G

J’ai eu du mal à considérer ceci comme un dessin. J’ai eu l’impression que j’avais fais une page de journal intime, un jour colérique, à écrire en tout sens, à gribouiller, à m’acharner.
Mais est-ce que ceci retire le terme d’illustration ?
Parce que sans la moindre ironie, je pense qu’il s’agit d’une de mes plus fidèles représentations. Quand on rumine, c’est vraiment un chaos semblable, et qu’importe que ce soit beau ou pas. Le cerveau ne cherche pas, il créé en abondance les pensées, il n’y a plus la place, tout se superpose, et ça en devient douloureux.
Ce dessin fait sale, à voir. Si on a la patience, on peut essayer de lire ce qui est écrit, une avalanche de pensées interrompues, incohérentes, dans une écriture de médecin presque car pas le temps de soigner son trait pour suivre le déluge.

H E R E ‘ S D E P R Y

Si tu n’as pas lu mon bilan Nano, tu ne sais pas qui est Dépry. Depuis l’écriture de mon premier jet, ce « personnage » au sein d’une vie à qui je n’avais jamais donné de nom n’a cessé d’occuper mes pensées. Je me suis demandée quel visage donner à la dépression. Est-ce qu’il fallait en faire un sosie ? Ou cette ombre noire de jais que je décris dans mon texte ? Ou bien les deux ?
Finalement, l’idée m’est venue avec cette référence de la pop culture. Petite pensée à la scène culte de Shining, Here’s Johnny, qui dévoile la possession qu’a l’hôtel sur Jack Torrance. Ici, c’est pareil, au fond se tapie la possession de Dépry qui nous nargue, sourire d’acier.
C’est drôle car ces dessins n’ont pas l’air complexe à réaliser, mais finalement c’est tout un jeu de dégradé, de petits traits pour faire les fondus au noir qui sont assez chronophages.

I T ‘ S A L L I N Y O U R H E A D

Cette importance de la silhouette agenre a été influencée par le travail de Myriam Tillson, mais également par ce que fait Shawn Coss. Ce dernier avait réalisé le Inktober mental illness, qui était un travail absolument fou et saisissant. Il l’a édité en livre, avec la couverture « It’s all in your head », phrase trop commune. Mais en même temps, le soucis est là : ces maladies et ces troubles commencent dans nos têtes. Cette phrase, « c’est que dans ta tête » qui laisse entendre à l’imaginaire, et qui blesse affreusement quand notre douleur pourtant est réelle, est justement prise au sens propre par Shawn Coss avec son personnage famélique qui tient son cerveau dans la main.
J’ai souhaité reprendre cette phrase culte, avec un effet 3D dans la réalisation comme si la tête tremblait ou était floue, et la terreur que cette pensée peut générer. Justement, l’impression de devenir fou. Je regrette presque de l’avoir fait au format A5 car plus grande, elle aurait été plus frappante, mais je l’ai fais sur une même page A4 avec le dessin suivant car tout deux on cet effet 3D.

C O M M E E T R A N G E R . E A S O I – M Ê M E

Comme la logique qui découle de tous les dessins précédents, sans pour autant que ce soit le dessin final, vient le sentiment d’étrangeté. On ne se reconnait plus. Parfois, on va jusqu’à se demander si on existe bel et bien, notamment suite au sentiment de profond vide. Ca peut aussi être suite à une crise d’angoisse ; suite à des réactions qu’on ne se connaissait pas. Tout un tas d’éléments.
C’est peut-être, également, la manière dont je verrais la dépersonnalisation, notamment avec le fait de s’observer, comme si on quittait son corps. J’ai hésité à lui donner ce titre, mais cette maladie (ou trouble ? je ne sais plus) n’étant pas la plus documentée, j’ai peur de faire une mésinterprétation, ou encore que des personnes ressentant ce sentiment de dissociation de soi et qui voient ce dessin se pensent souffrir forcément de dépersonnalisation.


       Une version mise à jour, retravaillée de Peculiar Maelstrom ? 

C’est à cause de la thématique que j’ai cette sensation là. Et de certains dessins, ayant déjà fait Overthinking mais aussi Numbness. Les autres sont un peu plus inédits, disons, mais reviennent toujours au même sujet, mais les possibilités de représentation sont tellement nombreuses pour aller puiser dans ce désarroi.
Il est vrai qu’à un moment donné j’avais hésité à refaire mes dessins de Peculiar Maelstrom avec un style plus assuré, et non pas né dans la va-vite d’un exutoire. Je m’étais dissuadée de cette idée car ça perdrait de son authenticité. Je me dis que, potentiellement, je pourrais les joindre à ce projet, offrir quelques évolutions avec un oeil à présent plutôt objectif.
A vrai dire je ne sais pas bien. Je me demande, à présent, si ce projet va voir le jour. Il est vrai que je l’ai lamentablement délaissé depuis que j’ai écris les textes, mais que j’ai eu l’impression d’avoir écrit un journal. L’écriture, donc, me semblait presque crachée, et aucunement agréable à lire. Il me faut retravailler le tout, et au moins je me dis que j’ai les idées de posées. Je songe davantage à faire d’une certaine manière des nouvelles sur ces sujets. Mais apporter une légèreté, une stylisation de l’écriture me semble essentiel comme c’est un sujet lourd.
Tandis que je pensais à l’auto-édition pour écrire de manière inclusive, et peut-être choisir un mode de production plus responsable et écologique, je remets totalement ceci en question et pense plus à voir en maison d’édition tout simplement parce que je n’ai pas construit de communauté telle qu’on peut me permettre ce financement. C’est dommage, surtout que je continue de me demander quel type de maison d’édition cibler dans ce cas pour espérer diffuser Peculiar Maelstrom.


Cet article, ma foi fort long, touche à sa fin.
N’hésite pas à me dire tout ce que tu penses, que ce soit sur ces nouveaux dessins, ou encore face à la stagnation de PM. Je te lirais avec plaisir. En attendant, prends soin de toi.

4 Replies to “Six illustrations au goût Peculiar Maelstrom 2.0 ?”

  1. Ces dessins sont… incroyables. Tellement forts, je dois dire qu’ils me remuent énormément. Ils me rappellent les gribouillages que je griffonais dans des cahiers à une certaine période. Je ne dis pas que tes dessins sont des gribouillages, attention ! Les tiens sont beaucoup mieux réalisés, mais ils expriment des choses qui me parlent.
    J’ai toujours été intéressée par ton Peculiar Maelstrom alors j’espère que quelque chose verra le jour, mais ce n’est effectivement pas forcément évident à mettre en place. Peut-être est-ce un projet que tu dois laisser mûrir, en attendant en tout cas de te faire une petite place et d’avoir un peu plus de visibilité, ce qui te permettrait peut-être de le mener comme tu en as envie. Je ne sais pas, mais je te souhaite de réaliser tous les projets dont tu rêveras, d’exprimer tout ce que tu auras envie de laisser sortir de toi, que ce soit celui-là ou un autre.

    1. Comment ça des gribouillages ? 😉 Haha je te taquine, ne t’en fais pas, je comprends ce que tu veux dire par là. Et je ne crache pas du tout contre ce terme d’ailleurs, je me dis que c’est peut-être ce que j’ai cherché par ces silhouettes assez simples.
      Comme à chaque fois tes retours me touchent particulièrement, encore merci. Je sais qu’au moins il y a une personne touchée, que ça ne laisse pas complètement indifférent et c’est chaque fois, à chaque lecture de tes réponses, une concrétisation pour moi. Ca aide en partie à chasser le syndrôme de l’imposteur d’ailleurs !
      Peut-être bien oui qu’il est question de temps au sujet de ce projet. Je sais vers quoi je veux aller avec les textes, mais c’est vrai qu’au final, son aboutissement contrairement à L&E reste assez flou. Merci de prendre le temps de me conseiller !

      1. Ce ne sont pas TES dessins qui sont des gribouillages, c’étaient les miens ! Les tiens sont tout de même le niveau au-dessus ! ^^ Le choix des silhouettes simples me plaît bien, on s’y projette plus facilement et ce peut être n’importe qui. Femme ou homme, jeune ou vieux… Ça peut parler de tout le monde.
        Je te souhaite quand même de toucher un peu plus qu’une personne car tu n’es pas tombée sur une riche mécène qui te permettra de vivre de ton art avec moi ! ^^

        1. Hahaha mais j’avais compris de t’en fais pas !
          C’était justement le but en usant de ses silhouettes, du coup ça me fait super plaisir de voir que tu dis exactement mon intention. A priori, c’est réussi !
          Roh bah flûte, si tu ne m’apportes rien je vais devoir couper les liens hein… Je rigole bien sûr ! Le jour où je tomberai sur un.e mécène n’est pas près d’arriver. x)

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