Peculiar Maelstrom : késako ?

Possible couverture du projet.

Peculiar : l’anglais pour « particulier », donc hors de la norme, différent.
Maelstrom : emprunté au néerlandais. Au sens propre, il s’agit du « trou noir de l’océan », un tourbillon qui se forme dans l’eau. Ses représentations mythiques forment d’énormes entonnoirs au coeur d’une étendue d’eau et laissent imaginer une aspiration vers les profondeurs. Au sens figuré, c’est un mouvement d’agitation intense qui entraîne irrésistiblement. Ici, il s’agit d’un mouvement, même d’un débordement psychique.


Confused Wait What GIF
Probablement votre réaction à la lecture de ce mini lexique.

A l’origine, la lecture d’une bande dessinée : Chute Libre, de Mademoiselle Caroline, qui traite de la dépression. Un sentiment de compréhension, l’apaisement de voir une représentation extérieure, et cette impression d’être « folle » qui diminuait. Une fois la dernière page tournée, je me suis dit « voilà ce que je veux faire. Je veux partager, déstigmatiser. Je veux faire pareil. »
Mais je n’ai pas la maîtrise, ni même la connaissance pour faire une BD. Même si j’ai vite déchanté, la « première page » s’est faite d’elle même, trois cases qui se sont imprimées dans mon esprit.
Et presque sans m’en rendre compte, j’ai enchaîné multiples dessins. En aucun cas joyeux – si ce n’est une amélioration à la fin ; en aucun cas beaux – parce que ce n’est pas le but, les maladies mentales ne l’étant pas.
Aujourd’hui, j’ai épuisé les feuilles restantes de mon carnet à dessins. Aujourd’hui, j’ai environ la moitié d’un cahier ligné rempli de mots.

Peculiar Maelstrom, c’est un projet d’illustrations et de témoignage/confessions autour des maladies mentales, plus particulièrement du trouble anxio-dépressifs, et des troubles alimentaires que cela a généré.
Je ne sais pas bien comment appeler cela. Pas vraiment « écriture », parce que ce n’est pas comme rédiger une nouvelle, un texte plus littéraire. Là, ce sont des idées, des sentiments, des vécus jetés à chaud sur une feuille, des doigts barbouillés d’encre et une douleur implacable.

Au départ le dessin m’est apparu comme la solution cathartique pour éviter de sombrer un peu plus dans ces diverses tempêtes, et ça a été mon moyen pour limiter la mutilation. Je m’occupais les mains à gribouiller, autant que possible, parfois de manière assez… monopiste. Puis est venue l’idée de partager cela. Dans l’espoir que cela amène une compréhension de ces maladies, même si mon expérience n’est pas universelle. Elle offre tout de même un point de vue parmi tout un tas de vécus, mais déjà, j’ose espérer qu’elle offre une certaine remise en question. Surtout, une considération.
Les dessins me semblent personnellement explicites, mais j’ai voulu relever la complexité de ces sujets par l’écriture. Essayer de mettre des mots sur les mots. Ce n’est pas toujours possible, c’est souvent répétitif, mais… j’ose espérer que cela représente assez fidèlement ce que nous, malades, expérimentons.

Le but est donc de parler santé mentale de manière ouverte. Sans le moindre tabou. C’est plus compliqué qu’avoir une grippe, parce que c’est plus ou moins invisible. En tout cas, pour une personne extérieure, ça ne se voit pas. Chaque cas est différent : on peut en guérir sans médication, avec, ce peut être passager comme épisodique, provoqué par un ou des événements, ou par dérégulation chimique. Tous les cas existent, et tout le monde peut être concerné, c’est pour ça qu’il est important d’en discuter, de témoigner, de s’ouvrir sur ces sujets pour briser les stigmas.
Comme cela, il sera peut-être moins tabou de dire que l’on est malade.
Moins tabou de demander de l’aide.
Moins tabou de vouloir pointer du doigt une réalité.
Moins tabou de vouloir faire progresser les mentalités.


Le premier jet est donc terminé. 5 mois assez intenses, rythmés entre journées alitées par la maladie et reprise de contrôle, avancement du projet. J’y parle donc sentiments, sensations, impressions, et aussi de mon expérience en hospitalisation. Peut-être plus étonnant, je ne parle pas de mon expérience auprès de psychologues et psychiatres.
Sauf si vous saurez me conseiller une maison d’édition susceptible d’accepter ce sujet et cette forme, je mise sur l’auto-publication, notamment pour plusieurs raisons :

  • Un sujet tabou
  • Un certain respect de l’environnement avec des tirages peut-être bien limités, mais qui éviteront tout livre jeté lors des invendus. Produire de manière locale et, peut-être, avec du papier recyclé.
  • Une écriture inclusive, pour ne léser personne, et ne pas offrir une première personne au « féminin », déjà par respect de mes positions, mais aussi pour privilégier l’identification de tous.

Partie « Maintenant » de Peculiar Maelstrom.

Quelques illustrations et calligraphies de Peculiar Maelstrom se trouvent dans le portfolio, j’ai essayé d’insérer différents styles pour que vous vous fassiez une idée de la pluralité du projet. Je vous serai extrêmement reconnaissante si vous me souteniez dans cette aventure (« de malade(s) » pour faire un très mauvais jeu de mots…?) et si vous en parliez autour de vous. La visibilité est toujours dure à gagner, notamment quand on va piocher dans ces thématiques revêtues de clichés, mais elle m’est nécessaire puisque prochainement sera lancée une campagne pour financer la publication.

Merci d’avance et à bientôt,
La Récolteuse.

4 Replies to “Peculiar Maelstrom : késako ?”

  1. Trop bien ! C’est beau que le dessin t’ait servi de solution pour ne pas sombrer… Bien sûr, j’aurais préféré que tu n’aies pas de problème, mais un soutien pareil, wow.

    Je ne me souviens pas avoir vu le dernier dessin, j’ai raté un truc ?

    En tout cas, je te suivrai avec attention 😉

    1. Aaaah, merci ! Je t’avoue que ça m’a fait tout drôle, surtout que ça a été le retour d’une vieille passion… Le 1er gros épisode dépressif, c’était la lecture qui m’a aidée, là le dessin, mais à chaque fois ça m’a rendue l’activité encore plus importante !

      Tu ne les as pas tous vu, voilà tout ! 😉 Y’en a pas mal qui se sont rajoutés pour terminer PM. Celui-ci j’avais dû poster un WIP en story sur insta, mais rien de plus.

      Ca me touche beaucoup, encore merci !

  2. Comme Ada, je suivrai ta nouvelle aventure de près.
    J’admire vraiment ton parcours, ta passion, ton enthousiasme, ton engagement, sans parler de tes dessins et calligraphies. Tout m’intéresse et je te souhaite de réussir à mener à bien ces incroyables projets.
    Et bien sûr, d’aller mieux, de mieux en mieux.

    Bonne continuation et à bientôt !

    1. Merci beaucoup, ça me touche vraiment ! Puis ça m fait plaisir si tu trouves ton intérêt ici. Je vais faire mon possible pour continuer mes projets et réaliser tout ça si possible.
      Je te souhaite aussi d’aller mieux, tu le mérites !

      A tout bientôt !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *