Novembre, c’est le NaNoWriMo.

Leonid Pasternak – The Passion of creation

Bonjour toi,

Ca fait bien trop longtemps que je n’ai pas eu l’opportunité de passer par là, il faut dire que ces derniers temps sont bousculés de mille et une manière, me volant mon temps, mais ça ne m’empêche pas de me lancer dans des challenges ô combien chronophages.

Alors que le inktober a été un moyen succès, disons, puisque je n’ai pu en venir à bout et qu’il me manque 10 dessins si je ne me trompe pas (d’ailleurs, l’article viendra sans doute après celui-ci, ce qui défie toute logique, j’en conviens), je me suis dis que challenge pour challenge, c’était l’année pour enfin me lancer dans le NaNoWrimo.

Mais là aussi, qu’est-ce donc que cette bête ?

Sous cet acronyme se cache le National Novel Writing Month, créé en 1999.
L’année où je me décide enfin à y participer, après 4 ans inscrite sur le site sans y avoir tapé un mot, c’est l’année des 20 ans du challenge. Ca claque, quand même.
Le but est simplement difficile. Il « suffit » d’écrire 50 000 mots en un mois. Ce qui nous fait une jolie moyenne quotidienne de 1667 mots si on veut réussir de manière « réalisable » ce défi. Au final, on a un roman d’environ 175 pages, je crois.

Je ne suis pas encore parvenue à décider si c’était plus dingue que le inktober, ou non, ou si ça l’était tout autant.

Vous en parler ici est un peu difficile, puisque je n’ai trop rien à vous montrer, et même si je viens au bout du quota de mots, à part vous partager le joli badge de réussite, je pourrais au mieux vous mettre des extraits même si c’est un premier jet, ce qui veut dire, effroyablement brouillon, et pas bien joli à lire. Mais après tout, pourquoi pas. Ce serait déjà ça.
La tentation de vous en toucher deux mots était cependant trop forte, et surtout trop chère. Le Nano, ce n’est pas rien : ça fait des années que ça me fascine, qu’avec les cours je ne m’accordais pas même un essai, et il faut le dire simplement, que j’avais la trouille. Là j’ai juste fais un pas de plus hors de ma zone de confort déjà ébranlée, et ça me fait un grand bien.

Au coeur du Nano : le projet.

Depuis des années, j’ai une histoire qui me trotte en tête. Depuis quand exactement, je ne sais plus. Minimum depuis 2015, ma date d’inscription sur le site ; il est tout de même probable qu’elle existait déjà avant.
Durant tout ce temps, j’avais fait quelques jets. Sur papier, dans trois carnets différents, jamais plus de 15 pages, et un seul que je conserve aujourd’hui qui est ma « base ». Sur ordinateur, là aussi, au moins trois fichiers open office différents.
Sans cesse, je reprenais, parce que j’avais peur d’arriver au bout ; parce que je ne me l’autorisais pas, le bout ; parce que je voulais que tout soit parfait, dès l’incipit, mais ce n’est pas possible du premier coup.

La seule chose qui n’a jamais changé, c’est le titre. Avant même de rédiger les premiers mots des années auparavant, je savais comment s’appellerait cette histoire. Je n’ai pas songé à le questionner, à voir si je ne trouvais pas mieux : il s’est imposé de lui-même, je ne peux en voir un autre. Il repose sur deux lettres et un symbole :

L&E.

C’est la première lettre des deux noms qui constituent l’histoire. Bien qu’il y ait un troisième personnage, ce sont Léana et Eoghan qui sont essentiels. Tout se fait autour d’eux ; avec eux.
C’est une écriture à la première personne, du point de vue de Léana. Le titre se lit également Elle et eux. Et c’est cette équivocité que j’aime beaucoup.
Qui se cache derrière ce « eux » ? Cela pourrait être les deux personnages masculins qui complètent les noms de cette histoire, Eoghan et Nathaniel. Cette lecture n’est pas à exclure, mais celle que je voulais est la suivante : eux, ce sont ses maux.

Ce projet de roman a toujours eu pour thème de parler des maladies psy, puisque c’est un sujet quasi obsessionnel pour moi. Autant je me manifeste davantage dans celui-ci durant 2019, pourtant, il me suit depuis des années, j’y ai pensé sous de multiples formes : de quelle manière en parler, pour en dire quoi, etc.
Pour décor, on se trouve dans un hôpital psychiatrique un peu particulier, dont le maître mot est de proposer une thérapie sans médication. (ce fil rouge m’a poursuivi, comme si depuis des années je savais qu’une médication ne m’aiderait pas et que j’avais besoin de me montrer une voix possible sans traitement chimique, dingue quand même.) Au départ, je voulais un projet constitué à 90% de dialogue, puisque la thérapie tenait là-dedans, l’entraide de deux patients.

Le risque, là-dedans, c’est que ce soit chiant à lire. Qu’il ne se passe rien.
En soit, c’est plutôt vrai : pas de grande action qui tient en haleine, si ce n’est les épisodes brutaux que cela peut faire naître. Mais pas de chasse, pas de suspens, rien de tout ça ; or il faut tout de même parvenir à maintenir une attention. Chose pas facile avec un sujet pareil. Avec le temps, j’ai rajouté plus de narration, et j’ai trouvé un point qui me manquait énormément, mais que j’ai du mal à doser maintenant dans mon écriture : la personnification de la maladie pour la rendre réelle.

Challenge rude mais essentiel.

Ca demande des efforts colossaux, que l’on ne peut pas toujours fournir, d’écrire au moins 1667 mots par jour. La vie est toujours là pour nous rappeler à l’ordre avec son lot d’obligations, ce qui fait qu’on saute des jours, qu’on doit rattraper ça plus tard.
Pour ma part, je n’ai même pas commencé le Nano le jour J. J’ai du l’attaquer le 3 novembre. Encore, j’en conviens, ça va. Mais j’ai passé quelques jours à Paris dernièrement ce qui fait que pouf, 5 jours sans toucher au projet. Ca fait un peu plus de 8 000 mots de retard, ce qui ne se rattrape pas comme ça. De mon côté, c’est impossible de me faire une journée où j’écris autant, mon maximum a été jusque là un petit peu plus de 4 000 mots, et c’est déjà dur parce que je papillonne. J’ai la concentration d’une mouche, franchement.

Au moment où j’écris cet article, on est le 17 novembre. Le challenge prévoit que si on est dans les clous, on devrait être à 28 339 mots. Je n’ai pas encore fait ma session du jour, mais hier j’étais à 23 456 mots de rédigés. Je suis un petit peu à la traîne, mais ça se rattrape.
Je n’ai jamais autant écrit pour ce projet de roman. Et ça, c’est grâce au Nano, car la leçon essentielle est celle-ci :

Ecrire, qu’importe la qualité.

Le but d’un premier jet n’est pas d’être merveilleux, mais simplement de faire sortir l’histoire. Savoir où l’on va, ce qui s’y passe. C’est un brouillon, il faut juste lui donner la parole même si elle est maladroite et qu’elle défit l’ennemi premier de ce challenge : le perfectionnisme.
Ca reste dur de ne pas revenir en arrière sur ce qu’on a écrit et de tout effacer sous prétexte qu’on a pondu un croûte pas possible, qu’il n’y a rien a rattrapé, que ce projet ne vaut rien. C’est ce que j’ai fait à chaque fois, et la seule astuce que j’avais trouvé était d’opter pour le médium papier afin de ne pas pouvoir corriger trop facilement. Mais ça n’empêche en rien de déchirer les pages ou juste d’abandonner.
Là, le perfectionnisme est mis à mal par un certain désir de compétition, par l’esprit qui naît du challenge d’atteindre les 50 000 mots demandés. Pour le dire autrement : il n’y a pas le temps de revenir sur ce qu’on a fait, le but étant de produire. C’est donc la bonne période pour repousser temporairement ses ennemis comme le syndrome de l’imposteur.
Et au passage, c’est le moyen de se prouver qu’on est capable de créer quelque chose.

C’était l’élan qu’il me manquait, et même si j’écris toute seule, que j’arpente parfois le forum pour voir où en sont les autres dans le monde entier, je n’ai aucune connaissance qui le fait. Est-ce que toi, tu y participes ?

Selon votre intérêt, je ferai peut-être un bilan début décembre. Je vous retrouverai entre temps pour parler Inktober, pour poster quelques autres dessins. Pour le moment, je retourne me faire mal au bout des doigts à force de taper sur mon clavier.


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Prends soin de toi, et à la prochaine !

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